Durant toute l’exposition, l’espace de la galerie se métamorphose en un livre ouvert sur la Sibérie, dévoilant trois récits, trois destins.
Le premier relate la vie d’un professeur de mathématiques dans un village reculé du nord, au bord de l’Angara. La valise du scientifique a été conservée, et la pièce où il calculait la possibilité de traverser instantanément l’immensité de l’espace grâce à des trous de ver a été partiellement reconstituée.
L’exposition présente également l’atelier d’une couturière parisienne installée à Krasnoïarsk : magazines de mode, ciseaux, mannequins, robes et miroirs composent un univers féminin et fantaisiste, empreint d’un baroque provincial.
Le troisième récit de ce vaste livre sibérien est consacré au compositeur khakassien, le maestro Charles-Louis de Quenel. On y voit les musiciens de l’ensemble « Zharki » jouer et chanter sur les branches d’une forêt enchantée.
L’exposition inclut également le récit du voyage d’une jeune fille — ou plutôt le mien, tel que je l’étais autrefois — à bord du train Moscou–Abakan. Un voyage où les pensées se matérialisent et où le temps se transforme en espace.
Le projet met en scène un Voltaire glacé, le ciel, des hasmates — des observateurs venus du futur —, le pergélisol, une place inondée… Bref, beaucoup d’eau, de neige et de glace. Comment pourrait-il en être autrement, puisque l’histoire se déroule sur une terre froide ?
Tania Antoshina